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Généralité
La prévision des éruptions est la première étape de prévention des risques volcaniques.
Pour prévoir les éruptions volcaniques des stations d'alertes et des observatoires enregistrent les variations de l'activité d'un volcan en particulier. Ces variations peuvent se traduire par :
une activité sismique importante
une déformation volcanique
un changement de composition des gaz volcaniques
une modification du champ magnétique
une modification de la composition du sol en surface ou en profondeur
un changement de température des gaz accompagnant le volcanisme
l'apparition de fumerolles
Ces changements peuvent être perçus grâce à des appareils de mesure très performants.
L'utilisation de capteurs sismiques est indispensable dans l'observation d'un volcan. On utilise également des images satellitaires pour mesurer un gonflement au niveau du volcan. Ce gonflement est dû à la remontée du magma en surface.
Les images optiques et les radars permettent de bâtir des modèles numériques de topographies de haute résolution.
De plus, on observe un changement de comportement des animaux à l'approche d'une éruption grâce à leur sensibilité aux phénomènes naturels.

Il existe différents appareils de mesure.

Les inclinomètres détectent les variation de la pente. Ils sont constitués d'un pendule horizontal suspendu par deux fils de silice. Les inclinomètres de type Blum sont ceux le plus souvent utilisé pour les volcans.

Les sismomètres détectent les trémors accompagnant une éruption en envoyant des signaux. Le volcanologue doit surveiller l'amplitude, c'est-à-dire la longueur des signaux.

Les GPS permettent de suivre les déplacements du volcan et les mouvements de son cône.

Les distancemètres permettent de mesurer la distance entre les flancs du volcan. Ils émèttent un rayon infrarouge d'une longueur d'onde de 905 nanomètres successivement vers les prismes réflecteurs installés sur le volcan.
La surveillance visuelle des volcanologues s'ajoute à la détection via les appareils de mesure. Les volcanologues mesurent la composition des gaz et des fumerolles et effectuent des recherches pour la reconnaissance des signes supposant une éruption.
Les appareils de mesure envoient des signaux à l'observatoire qui les décryptent grâce à des ordinateurs. Les volcanologues analysent ensuite ces mesures en tenant compte de l'histoire du volcan étudié, de son activité et de ses dernières éruptions.
L'observatoire est chargé d'informer les autorités en vue d'une explosion. Cela permettra de diffuser l'alerte dans les villages concernés et d'évacuer la population si le risque est élevé.
Dans les villes à proximité de volcans, on trouve généralement des affiches d'information préventive.
Cas d'Eyjafjöll
Les premiers signes de détections ont été les secousses sismiques d'avril 2009. Dès la deuxième phase d'éruption, il y a eu une observation satellite et GPS importante.
L'observation d'Eyjafjöll s'est faite grâce à un suivi satellital par le service HotVolc. HotVolc utilise les satellites Météosat Seconde Génération. Ces satellites ont permis de détecter les anomalies liées aux déformations et à la température du sol et ont analysé le panache de cendres du volcan. Grâce aux données satellites, les scientifiques peuvent faire une estimation quantitative de la teneur des produits de l'éruption.
Les signes d'explosivité ont été détectés le 14 avril 2010 : les satellites ont mesuré la quantité d'eau et de glace concentrée dans le panache éruptif. Cette concentration était due à l'explosion du glacier. Les volcanologues ont observé que le panache s'étendait jusqu'en Norvège.
Concentration en eau et en glace le 15 avril 2010 :

Concentration des cendres volcaniques :

Il y a une concentration importante d'eau. La vapeur d'eau provenant de l'éruption s'est recondensée sous forme de gouttelettes. Lorsque la température du nuage devient trop négative, ces gouttelettes se cristalisent, d'où une concentration importante en glace. On a estimé à 4 000 kilotonnes la quantité d'eau et de glace. Les données du satellite Terra-Modis permettent de voir la dispersion du nuage et la quantité de cendres.
Concentration en dioxyde de souffre le 15 avril 2010 :

Nous observons également que l'éruption est riche en gaz et particulierement en dioxyde de souffre. La concentration a été estimée à 10 kilotonnes.
Compte tenu de la dangerosité des cendres volcaniques pour l'aviation, l'organisation de l'aviation civile internationale a mis en place une veille volcanique des routes aériennes internationales.
Les cendres représentent un danger pour les réacteurs et empêchent une bonne visibilité des pilotes. Le globe est donc divisé en neuf zones appelées VAAC (Volcanic Ash Advisory Centers) chargées de suivre le deplacement du panache. Le VAAC de Londres a la responsabilité de la zone dans laquelle se trouve le volcan islandais.

L'instrument français IASI (Interferomètre Atmosphérique de Sondage Infrarouge), conçu par le CNES, a mesuré les concentrations en dioxyde de souffre, en cristaux de glace et en poussières de cendre. L’instrument comprend un spectromètre qui décompose le rayonnement infrarouge émis par l’atmosphère. Il permet d'observer des constituants minoritaires comme l'ozone, le monoxyde de carbone, le méthane ou même l'ammoniac.
Le satellite CALIPSO, qui permet de connaître les propriétés optiques des couches nuageuses et des aérosols, a fait un profil de l'altitude des aérosols du panache d' Eyjafjöll.
Toutes ces mesures sont indispensables pour la prévention, la prévision méteorologique ou une hypothétique évacuation de la population. C'est suite à ces mesures que les voies aériennes européennes ont été fermées.
Lors de la première phase d'éruption, il n'y a eu ni victime ni blessé. Il y a eu cependant une évacuation préventive 500 à 600 habitants. Néanmoins, lors de la deuxieme phase, il y a plus de répercussions locales. En effet, le 14 avril, 800 personnes ont été évacuées par crainte de fortes innondations. La Route 1 a aussi été fermée à cause des inondations.
La Route 1 sous les eaux :